Biographie

Frédéric Moutoussamy

mon histoire

A l’âge de quinze ans, Frédéric Moutoussamy fait ses premiers pas dans la photographie, tout d’abord en tant qu’assistant photographe au sein du studio H.Baranger. Quatre années durant, Il apprend les techniques de prise de vue d’architecture, aérienne et découvre la magie du laboratoire argentique.

Vers 1980, les rencontres amènent Frédéric à plonger dans le monde de presse. Pendant près de dix ans, il travail pour des groupes de presse.
Au terme de ces années, l’œil fatigué, le cache sur l’objectif et le boîtier dans le placard, Frédéric décide de revenir au calme des laboratoires photo. Il s’agit désormais pour Frédéric de donner vie aux images d’autres photographes avec son œil de tireur argentique.
Avec les débuts de la photographie numérique, bon nombre de laboratoires argentiques sont amenés à fermer. Certains professionnels de la photographie se reconvertissent. C’est le cas de Frédéric qui se lance dans l’informatique. L’appareil toujours rangé et la tête dorénavant hors des chambres noires, Frédéric abandonne toute activité en rapport à l’image, et inconscient il rentre dans une spirale de production virtuelle ce qui le fait sombrer.

La rencontre d’Isabelle, sa compagne, change sa vision de la vie. Il retrouve le plaisir de reprendre le crayon pour dessiner. Il renoue avec la photographie et l’envie de voyager. Sur les routes, de l’Egypte, de la Turquie et de Dehli jusqu’au long de la frontière de la Chine ou il passe plusieurs mois dans un Monastère Bouddhiste, il se laisse aller aux événements qui le guident. Il prend le temps de photographier objets et portraits qui l’inspirent.
Fort de son parcours de vie, plus au calme et loin de la capitale, il souhaite faire profiter de son expérience aux jeunes créateurs. En 2012, avec un ami Frédéric met en place une association « YETI CREATION ». Elle a pour objectif de promouvoir et de mettre en avant des projets de jeunes créateurs dans des domaines variés comme le cinéma, la photographie et l’écriture. Un premier voyage au Cambodge et en Inde a permit à Yéti Créations avec le soutient d’une ONG de mettre en place exposition sur Lille et Bruxelles.

 

source: http://www.reportagesansfrontieres.com

 

Voyage en inde

les Bönpo

Frédéric Moutoussamy

Trois mois chez les moines Bönpo

Un soir de novembre 2009, j’errais avec ma solitude dans Paris entre la place des Ternes et la porte Maillot . Au loin j’aperçois un moine avec une robe de couleur bordeaux, j’hâte mon pas dans l’espoir que ce soit un moine bouddhiste mais j’étais loin d’imaginer un visage européen : »Yungdrung Tenzin, je suis moine Bönpo ». Nous faisons alors connaissance et rapidement une réelle sympathie s’installe entre nous. En février 2010, cette amitié me transporte 3 semaines dans le nord de l’Inde à Dolanji dans le Monastère Bönpo pour assister au nouvel an Tibétain. La même année, j’y reste 3 mois. A mon retour, l’idée d’écrire un livre me travaille mais que dire ? Il faut des années pour comprendre leurs vies… Alors, pour le moment du moins, je préfère vous inviter au voyage avec ces images. Je dédie ce portfolio à Yungdrung Tenzin.

La rencontre d’un homme hors du commun, Yungdrung Tenzin, moine Bönpo m’a reçu pendant plusieurs mois dans son Monastère de Menery en Inde du Nord. Cette experience enrichissante m’a permis de découvrir une religion peut connue. La religion tibétaine bön est très antérieure (en milliers d’années) au bouddhisme arrivé d’Inde au VIIe siècle. Quand le bouddhisme est devenu la religion d’état et la foi dominante au Tibet, le bön s’est trouvé marginalisé et même persécuté. De nombreux pratiquants bönpo ont alors caché leurs précieux textes, peintures et statues, afin de les préserver pour les générations futures. Le yogi Drenpa Namkha décida même de se convertir au bouddhisme pour continuer, en secret, à transmettreles enseignements bön au risque de sa vie. De l’ancien bön animiste et chamaniste s’est degage au XIe siècle le bön « éternel » (yungdrung bön), une religion structurée à la manière du bouddhisme tibétain. Le terme « yungdrung » désigne le svastika, symbole de permanence, d’indestructibilité. A ne pas confondre avec le symbole d’une période noire en occident. Tout comme les quatre écoles du bouddhisme tibétain, la religion bön dispose d’un panthéon impressionnant, composé de nombreux bouddhas masculins et féminins à l’aspect paisible, courroucé ou féroce, et de nombreuses déités. Il existe également une multitude de divinités mineures, esprits de la nature, démons soumis au bön, etc. Au XXe siècle la religion bön a été reconnue comme la cinquième tradition religieuse du Tibet (la première chronologiquement) par sa sainteté le 14ème Dalaï lama. La religion bön est mieux connue internationalement depuis l’implantation hors du Tibet de communautés monastiques yungdrung bön ayant fui l’invasion chinoise au Tibet en 1958 : en Inde, à Dolanji, Himachal Pradesh, dans l’ancien royaume du Zhang Zhung, le Monastère de Menri, fondé vers 1970; puis au Népal, le Monastère de Triten Norbutse, fondé en 1986. Le chef spirituel de la religion yungdrung bön est sa Sainteté Lungtok Tenpai Nyima Rinpoche, né au Tibet, en 1926.

Au Monastère de Menri, les moines y reçoivent un enseignement religieux suivant la voie graduelle des sutras, des tantras, et de la méditation dzogchen. Pendant de nombreuses heures, chaque jour, ils débattent philosophie et théologie au cours de joutes oratoires. Ils étudient également l’astrologie et la médecine tibétaine, la poésie, la danse rituelle. A l’issue de 14 années d’études, ils reçoivent le diplôme de Geshé, équivalent d’un doctorat en philosophie et théologie bön.   Ils enseignent alors au monastère quelques années puis retournent dans leur pays d’origine ou partent en occident. Les textes bön font actuellement l’objet de nombreuses recherches universitaires, et de nombreuses fouilles archéologiques mettent à jour au Tibet chinois des textes bön antérieurs au VIIe siècle. Aujourd’hui, la religion bön ne s’est pas éteinte; elle semble même refleurir de par le monde.